Dans nos assiettes en 2015

Tendances
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Chaque année voit son lot de nouveaux produits et de tendances alimentaires. Après le topinambour et la bettrave, stars de 2014, quels aliments va-t-on dévorer en 2015?

Luxembourg n’étant pas à le pointe des tendances, on surveillera l’arrivée probable de produits et préparations qui ont déjà fait leurs preuves ailleurs: les dim-sum et autre gyoza, ravioli et farcis vapeur; les wraps, pita et crêpes farcies; les bars à bières et les speak easy à cocktails; les meat balls et hot dogs et bien sûr, du végétarien et du vegan.

Mais pour aller plus loin, c’est évidemment du côté anglo-saxon qu’il faut regarder.

- Les crucifères et brassicacées:

Des noms un rien barbares et scientifiques pour désigner une famille de végétaux dont font partie les choux. Choux-fleur, choux de Bruxelles et surtout kale sont les must-eat de l’année. Le kale est en fait une ancienne variété de chou vert devenu trendy par les bonnes grâces des stars hollywoodiennes, Gwyneth Paltrow en tête. Plus de vitamine C qu’une orange et plus de calcium qu’un verre de lait, le kale est l’aliment santé par excellence. Il se consomme cru (malaxé tendrement dans les mains) ou cuit.

Autre nouveauté à chercher sur les marché: le BrusselKale ou kalette, hybride modeux entre le chou de Bruxelles et le kale. «C’est le Brangelina des légumes», prévient Today, «il fusionne les deux légumes préférés des hipsters en une seule tige». Le légume serait le résultat de 15 ans de travail et de développement pour parfaire l’équilibre entre le goût complexe du chou de Bruxelles et le doux goût de noisette du kale. Les yeux des tendanceurs sont aussi braqués du côté du broccolini, hybride entre le brocoli et le kai-lan, dit le brocoli chinois.

- Les hybrides partout:

D’autres fruits ou légumes hybrides pourraient bien arriver chez nous. Fruits de la recherche et du marketing, ces produits allient les qualités supposées de deux aliments… C’est un peu flippant mais, après tout, la clémentine n’est rien d’autre que le mariage entre l’orange et la mandarine. Dans les mois à venir, on pourrait donc découvrir le tangelo (croisement entre le pomélo et la mandarine), le plumcot (de l’anglais plum et apricot, le fruit de la prune et de l’abricot), la mûroise (fruit hybride issu de la mûre et de la framboise) ou l’oroblanco (croisement entre le pamplemousse et le pomelo).

- La morue:

Oui, c’est la même chose que du cabillaud, mais on emploie le terme morue quand le poisson est séché et salé. Cela pourrait être la bonne pêche de l’année parce que sa saveur est subtile et que sa texture légèrement caoutchouteuse s’accommode parfaitement des préparations tendance: sur des pizzas, dans des sandwiches, ou encore dans des raviolis, sans oublier la brandade.

Gros bémol quand même: ce délicieux poisson est menacé par la surpêche et la morue d’Atlantique est sur la «liste rouge» de Greenpeace des produits de la mer à éviter.

- L’amertume:

Le sucré, c’est out, le poivré, dépassé avant même d’avoir été branché… L’amertume est de toutes les recettes: bière, salade, chocolat, réglisse, pamplemousse, chicorée. La mode arrive par l’Italie, où l’on adore le Crodino et l’Apérol, l’artichaut et les agrumes, et par l’univers de la mixologie où les bitters enjolivent désormais le moindre cocktail. Une sorte de retour aux eighties où le Cinzano et le Vermouth étaient de tous les bars qui donne l’occasion d’accommoder le chicon, le concombre chinois, le céleri, les asperges et cuisiner à la bière ou au café.

- Le gruau, retour aux basiques:

Passablement régressif, donc parfaitement dans l’air du temps, le gruau, bouillie de céréales avec du lait ou de l’eau, pourrait devenir un petit déjeuner très répandu. En cette époque de bonne conscience nutritionnelle, le gruau est bon en tout. Il a tous les glucides et l’eau dont on a besoin. Si on veut pousser un peu plus loin la tendance Amish, on y ajoutera du pollen d’abeille, des graines de chanvre, du maca (une plante des Andes), du beurre de noix de coco, des germes de lentilles ou du fromage végétal aux noix... C’est pas bien joli dans l’assiette, mais c’est nourrissant, pas cher et totalement hipster.

- Le bing bread, petit pain chinois:

Il ressemble un peu au pain pita grec ou au naan indien. Ce pain plat chinois réalisé sans levain et mangé avec ou sans farce, salée ou sucrée, aura les faveurs des meilleures tables. À moins qu’il ne soit détrôné par les bao ou baozi, moelleux et cuits à la vapeur. Siseng, le premier restaurant proposant des «bao burgers», vient juste d’ouvrir à Paris…

- Les fruits du baobab:

Plein d’antioxydants, de vitamine C et de potassium, le fruit du baobab est cultivé dans 32 pays d’Afrique. On l’appelle aussi pain de singe. La pulpe se mange fraîche ou séchée et réduite en poudre, et on risque de la rencontrer dans des jus au baobab. Mélangée à de l’eau, il donne une boisson rafraîchissante nommée bouye. Un nouvel alicament qui devrait faire fureur.

- La langue de bœuf:

Après les légumes oubliés, place aux morceaux oubliés. La langue de bœuf, c’est un peu comme les calamars et le ris de veau: on a éventuellement eu quelques réticences avant de se lancer mais finalement, on adore. On oublie le gros morceau baignant dans la sauce Madère et on l’imagine finement tranchée, et servie avec du raifort fraîchement râpé, dans une tortilla ou avec un beurre d’escargot.

- Les insectes:

On le dit depuis quelques années: les protéines des insectes pourraient nourrir le monde en consommant beaucoup beaucoup moins de ressources que nos bestiaux herbivores. Cette année, ça se précise, et ça devient de moins en moins insolite. La nouveauté consiste à les travailler transformés, pour nos âmes sensibles, dans des farines ou des barres protéinées. En 2015, vous fabriquerez peut-être, mine de rien, un très bon fondant au chocolat à la farine de criquet.