Les étoiles dans les étoiles

Testé pour vous
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L’expérience Dinner in the Sky a démarré ce mercredi avec un repas de haut vol servi par Renato Favaro et Mathieu Van Wetteren à 42m du sol. Explorator y était.

Photo : Phil Delhaes

Cela fait 11 ans que David Ghysels, à la tête d’une agence de communication en Belgique, a lancé son premier Dinner in the Sky. «L’idée m’est venue lorsqu’une association de chefs m’a demandé un lieu original pour un événement.» Deux années ont été nécessaires pour dessiner la nacelle, trouver les astuces de sécurité, régler les questions de statique, convaincre les autorités… «Après une première expérience, on s’est retrouvé dans le top 10 des restaurants les plus originaux dans un classement de Monocle, et tout le monde en a voulu.»

La nacelle de 22 convives, les chefs (généralement étoilés) qui cuisinent et le tout envoyé à plus de 40m du sol, a ainsi voyagé dans 63 pays et est installée pour la première fois à Luxembourg. «Après bien des tracas administratifs, nous avons réussi à installer notre attraction et 12 repas seront proposés aux clients et entreprises luxembourgeois», se réjouissait Phil Delhaes qui a importé le concept ici.

Explorator a eu la chance de monter dans le premier voyage. Une expérience aussi drôle que délicieuse. De loin, on voit la grue qui soutient la nacelle. Ce n’est pas très joli dans le paysage du Kirchberg (l’attraction est installée derrière la Coque), mais on l’oublie vite.

Accueil avec un verre de champagne ou un gin tonic, petit discours d’usage avec les remerciements et nous voilà embarqués. Chaque convive est solidement arrimé à une chaise qui ressemble plus à celles du grand huit de la Fouer qu’à celles d’un restaurant. Ceintures bien serrées, pieds rivés sur la (petite) tablette conçue à cet effet, consignes de sécurité, et c’est parti.

La nacelle s’élève progressivement et si ce n’est le vent qui se fait plus frais, on ne sent pas du tout de gêne ou de crainte en montant. Le sentiment de sécurité est présent chez tout le monde, même les moins téméraires. Les smartphones sont dégainés pour prendre des photos de la vue sur un plateau du Kirchberg scintillant.

Au centre de la nacelle, les chefs Renato Favaro (une étoile à son Ristorante Favaro à Esch) et Mathieu Van Wetteren (le très prometteur Apdikt à Steinfort) s’affairent avec leurs chefs de partie, Thomas et Louise. Si une bonne partie de la mise en place a évidemment été réalisée en amont, au sol, dans une vraie cuisine, le dressage doit se dérouler au plus vite pour servir tout le monde.

La truite fumée avec pickles de concombre, suivie de fines tranches de bœuf froides sont de belles réussites qui placent la barre haut pour la suite. Les plats chauds sont plus périlleux encore à monter dans cette petite cuisine d’altitude, mais les chefs s’en tirent… comme des chefs: raviolis à la ricotta et gnocchi aux cèpes sont avalés en un rien de temps. La joue de bœuf est fondante et tendre avec sa purée au céleri. Enfin, la panna cotta au chocolat ne se fait pas prier et glisse parfaitement.

Tout au long du repas, l’ambiance est amicale et joyeuse – la musique des années 70 et 80 n’y est pas pour rien – et tout le monde se réjouit de l’expérience. Manger à 42m du sol n’est certes pas commun, mais c’est surtout la proximité avec les chefs et la qualité des plats qui sont relevées par les participants.

La nacelle redescend en douceur et la fête se termine par un café sur le plancher des vaches. Vu le succès de la manifestation (tous les repas sont vendus), Phil Delhaes et ses acolytes risquent bien de réitérer l’aventure. Peut-être avec un Christmas in the Sky, peut-être au centre-ville…