Sortir après dîner
Sortir après dîner
Le 08.11.2012, France Clarinval
La vie nocturne luxembourgeoise a bien changé depuis quelques années. Finies les fermetures obligatoires à 1h du matin. Il existe désormais quantité de bars, plus ou moins remuants, où l’on pourra prolonger la fête jusqu’à 3h voire jusqu’au lever du jour dans certaines boîtes.
Quand on parle de bars à Luxembourg, chacun a son opinion, « son » bar préféré, et ceux où il ne mettra jamais les pieds. Il faut donc faire un tri suivant vos envies. Les soirées luxembourgeoises commencent dès l’apéro, souvent au sortir du bureau, entre collègues ou entre amis. Après le dîner, ce sont souvent les mêmes établissements qui retrouvent leur clientèle de début de soirée. Enfin, pour poursuivre les hostilités dans les clubs et boîtes, il y en a, là aussi, pour tous les goûts et tous les styles.
Il y a les inconditionnels du centre-ville, qui se concentrent dans ce qu’il faut bien appeler le Triangle des Bermudes : le haut de la rue Marché-aux- herbes, où il fait bon se perdre et passer d’un bar à l’autre, voire de rester debout dans la rue quand le temps le permet. Au Palais, on trouvera une clientèle plutôt haut de gamme, volontiers bling-bling, où les femmes affichent des talons vertigineux et les hommes des montres, sans lesquelles on a « raté sa vie ». En face, au Go Ten, l’ambiance est plus zen, avec un esprit plus bobo, voire intello. Un peu plus haut, l’Urban, décontracté, très international, Converses et sweat shirt de rigueur, où graphistes et DJ’s se donnent rendez-vous. Encore un peu plus haut, le Side bar, nouveau venu dans le concert arrosé du quartier, se distingue par sa petite taille, propice aux conversations avec des inconnus qui ne le resteront pas longtemps. Non loin, le Tube affiche une clientèle internationale plutôt jeune.
Toujours au centre-ville, le Frenchie et le Zanzen se remplissent dès l’apéro, notamment aux beaux jours, où leurs terrasses sont prises d’assaut par une clientèle de business men et working girls en goguette. Ouvert il y a un peu moins d’un an, le White House affiche une décoration haut de gamme pour une clientèle qui ne l’est pas moins. La possibilité de se restaurer sur place permet d’arriver après le travail et d’y rester jusque tard dans la nuit. Les jeunes et ceux qui veulent le rester préféreront l’Interview, le Rocas et Mr Dixon pour leur décor simple et leur sélection musicale plutôt rock et alternative. Toujours dans la ville haute, il faut compter avec l’Independant Cafe, où se rendent aussi volontiers avocats au sortir de la Cité judiciaire que de jeunes musiciens ou graphistes qui affectionnent l’ambiance berlinoise des lieux, bière et cocktails bio compris.
D’autres préfèreront les Rives de Clausen, où chacun regrette toutefois d’avoir voulu prendre sa voiture, et se promet d’utiliser les navettes qui déversent, par centaines, les jeunes en quête de bars. Vu la variété d’établissements en matière de décor et de musique, la population y est aussi très mélangée. Rockbox et Trombar jouent la carte rock et programment même quelques groupes en live. Le Life Bar et le Space sont plus mainstream pour leur programmation musicale, alors que le Sins City et le Verso se font plus pointus, l’un vers l’électronique, l’autre vers l’indépendant. Enfin, les plus âgés iront au King Wilma, assez décontracté ou au Ikki, plus sélectif.
Troisième pôle d’attraction pour les noctambules, Hollerich qui, après une période en perte de vitesse, a bien repris du poil de la bête. La cour Downtown permet à différentes populations de trouver leur compte, entre le Choco, jeune et luxembourgeois, le Decibel, international et plutôt rock, le Lab, où les trentenaires de la pub et de la communication se retrouvent, et le Marx, récemment repris et toujours au cadre design et assez chic. À noter que les soirées les plus folles sont celles où ces différents établissements s’unissent avec plusieurs DJ’s. Juste à côté, le Soul Kitchen, fait le plein assez tard et propose quelques concerts dans sa deuxième salle, plus underground que celle côté rue.
À propos de concerts, c’est au d : qliq et à l’Exit07, le premier au centre-ville, l’autre à Hollerich que la programmation musicale, surtout de DJ’s pour le premier et en live pour le second, est sans doute la plus pointue et hors des sentiers battus. Le d : qliq fait le plein d’un public plutôt jeune et international, notamment les vendredi et samedi soirs. La musique va fort, les gens se bousculent, la promiscuité est propice à la rencontre.
Il faut encore compter avec les pubs anglo-saxons comme le Scott’s, le Pyg ou le Britannia ; ne pas oublier le Compañero pour l’ambiance caliente, ou ces bars de quartier qui ont su tirer leur épingle du jeu, grâce à un décor, une ambiance et un style propres. C’est ainsi que le Café des Tramway, à Limpertsberg, accueille un joyeux mélange de gens qui vivent ou travaillent dans le coin et d’artistes, de théâtre notamment. C’est aussi le cas au tout récent Bouneweger Stuff, qui s’est fait une réputation en tant que plateau de tournage de la sitcom Come Back, et qui joue de son décor de bric et de broc, pour imposer une ambiance où le mot « cool » prend tout son sens. Au 8e étage de l’hôtel Sofitel Le Grand Ducal, le Coco Mango fait le plein grâce à la vue à couper le souffle sur toute la ville, à d’excellent cocktails et une programmation musicale très lounge.
Reste le Grund, en légère perte de vitesse, mais où le Liquid continue à faire le plein dans un style plutôt rock et international tandis que le Café des artistes continue de séduire, grâce à son côté « belle époque », avec piano et fumée. En s’éloignant de Luxembourg, on pourra passer la soirée entière au Boos K’fé, à Bridel, où de l’apéro à l’after, en passant par le dîner, le cadre beach club attire la jeunesse dorée du pays qui se plait à exhiber sa dernière acquisition à quatre roues motrices sur le parking bondé.
Pour qui veut continuer jusqu’au bout de la nuit, les clubs accueillent les noctambules à condition qu’ils fassent montre de la tenue et de l’attitude adéquates pour passer le barrage des videurs. Le Bypass, le White, l’Apoteca, le M Club ou encore le Magnum invitent régulièrement des DJ’s internationaux et organisent des soirées thématiques. Enfin, la clientèle gay n’a plus qu’un seul club où se réjouir, le Monkey qui attire essentiellement des hommes, y compris de la Grande Région.
On l’aura compris, la nuit luxembourgeoise n’est sans doute pas celle de Bruxelles, de Paris ou de Berlin, mais pour qui trouve les lieux qui lui correspondent, la fête peut être très réussie.
Crédits: Carole Wilmet






