Sixième génération à La Gaichel

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Ils l’avaient annoncé, ils l’ont fait. Céline et Erwan Guillou viennent de reprendre officiellement l’hôtel et le restaurant gastronomique de La Gaichel. Ils représentent ainsi la sixième génération de «marchands de bonheur», comme ils se plaisent à se nommer eux-mêmes.

L’histoire a commencé en 1852, lorsque Jean-Baptiste Dhuren et son épouse Barbe Peckels rachètent une maison en construction au lieu-dit «La Gaichel», ce qui signifie «marécages». Ils développent une ferme auberge où les randonneurs viennent déguster une cuisine simple, basée sur les délicieux produits régionaux. On y accourt pour les fameuses écrevisses, spécialité dont Barbe détient le secret du château de Colpach et dont la recette se transmet depuis lors de mère en fille dans le plus grand secret. Jean-Baptiste et Barbe ont trois enfants. Leur fille cadette, Maria, épouse Joseph Reisdorff - ce dernier a travaillé en qualité de maître d'hôtel, entre autres à Bruxelles au Grand-Hôtel, aujourd'hui devenu l'Hôtel Métropole. Ils ont neuf enfants, la fille aînée, Mathilde, reprend les rênes de l'exploitation avec son époux André Schlim, agriculteur, qui va développer le parc tel qu’on le connaît aujourd’hui.

Les générations se succèdent et la clientèle locale est fidèle, même si la concurrence naît dès l’entre-deux-guerres avec l’ouverture de «La Petite Gaichel». À la libération, il faut relancer l'affaire et, en 1950, Mathilde et André Schlim décident de créer quatre chambres. En 1953, les tensions entre les deux établissements sont vite oubliées par l'union heureuse des enfants des deux familles qui poursuivent l'exploitation des parents de la jeune fille.

René Jacquemin, qui a appris la grande cuisine à Dijon, donne un véritable essor à la maison et voit son travail récompensé par une étoile au guide Michelin en 1969 et l'entrée au sein de la chaîne des Relais & Châteaux en 1971. C’est aussi lui qui ajoute à l'activité de l'hôtel le golf de 9 trous, le seul où l'on «drive» dans un pays et où l'on «putte» dans un autre...

Claudine, la cadette de la famille, épouse Michel Gaul, issu du milieu bancaire. En 1982, personne ne semble vouloir reprendre le flambeau... Michel et Claudine décident de relever le défi, de tout quitter pour rejoindre l'entreprise familiale et ainsi en préserver sa continuité. Ils travaillent avec les parents durant huit années, ce qui permet aux uns de tout apprendre et aux autres de se retirer sur la pointe des pieds.

En 1990, changement de décor, Claudine et Michel rachètent La Gaichel, tout est remis au goût du jour. Aucune pièce n'échappe à ce nouveau souffle. La grande salle de restaurant, agrémentée d'une terrasse, est créée, les salons aménagés pour le confort de nos hôtes, les chambres sont toutes rénovées. Claudine et Michel ont trois filles, Céline, Catherine et Charline. Quoi de mieux pour perpétuer une tradition féminine de plus de 150 ans.

C'est durant l'été 2005 que Michel et Claudine auront l'occasion de racheter l'Hostellerie de la Bonne Auberge, rivale de toujours. Après 4 mois de travaux, c'est en février 2006 qu'ils inaugurent l'Auberge de la Gaichel. En 2007, Céline, la fille aînée se marie avec Erwan Guillou, autre digne représentant d’une famille d’amoureux de la cuisine.

Aujourd’hui, donc, Céline et Erwan poursuivent une tradition familiale de plus de 160 ans et leur préoccupation première restera la qualité des services et le confort de leurs clients. L’établissement restera fermé jusqu’au 7 février, le temps de se refaire une petite beauté. «Nous avons comme projet de rénover le cadre de la partie salon et restaurant et d'y ajouter un peu de nous sans gâcher le côté feutré de l'endroit», résume Céline Guillou. Un rajeunissement qui se sent déjà dans la cuisine où le chef Claude Lampson a fait évoluer la carte qui lui vaut toujours une étoile. Les excellents produits classiques (homard, saumon, canard) sont toujours là, mais de légers twists ont été introduits.